UNION FEDERALE DES CONSOMMATEURS QUE CHOISIR ILE DE FRANCE

COMMUNIQUE DE PRESSE (24 août 2010)

Air intérieur chez des politiques d'Ile-de-France :

Au vu de leurs résultats, les législateurs doivent déloger la pollution !

L'Union régionale UFC-Que Choisir d'Ile-de-France informe sur la publication dans Que Choisir (n° de septembre) des résultats d'une enquête exclusive sur la pollution de l'air intérieur des lieux de vie de personnalités politiques, réalisée, en ce qui concerne l'Ile de France, avec le concours de quatre parlementaires de la région (Christophe CARESCHE et Yves COCHET, députés de Paris, Didier GONZALES, député du Val-de-Marne, et Catherine PROCACCIA, sénateur du Val-de-Marne), et de Chantal JOUANNO, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie et conseillère régionale d'Ile-de-France . Alors que, comme pour tous les Français, la quasi-totalité des personnalités sondées est exposée à un air contaminé, l'Union régionale UFC-Que Choisir d'Ile-de-France leur demande l'adoption d'une Loi pour protéger les consommateurs.

Sur les 36 analyses effectuées (total pour toute la France), 29 révèlent une qualité de l'air mauvaise (dont 9 très mauvaise), 7 moyenne, mais aucune ne peut prétendre à la mention " bonne " ! En effet, dans la totalité des prélèvements, a été détectée la présence de benzène, substance cancérigène et de formaldéhyde, classé polluant prioritaire par l'Observatoire de la Qualité de l'Air Intérieur. Bref, aucun des participants ne respire un air sain !

En ce qui concerne les quatre parlementaires franciliens qui ont accepté de se prêter à l'analyse, la qualité de l'air est mauvaise ou très mauvaise chez tous ! La présence de formaldéhyde, cancérigène certain, a été détectée dans des quantités supérieures à la valeur maximale recommandée (10 µg/m3) chez les quatre élus, y compris chez celui dont la qualité de l'air est moins mauvaise que chez ses collègues franciliens (Yves COCHET). Pour Catherine PROCACCIA, le benzène a également été trouvé en quantité excessive (objectif de qualité de 2 ?g/m3 d'air ambiant, fixé par la réglementation). Enfin, les quatre cancérigènes recherchés ont été trouvés chez tous les parlementaires de la région.

Loin de vouloir stigmatiser le cas particulier des politiques de la région, l'Union régionale UFC-Que Choisir d'Ile-de-France entend provoquer une prise de conscience sur ce problème généralisé de santé publique. En effet, si les comportements individuels (manque d'aération des logements, tabagie ) peuvent, pour partie, contribuer à des forts niveaux d'exposition, ce sont avant tout les produits de consommation qui sont à l'origine de ce cocktail chimique dont la dangerosité est encore accrue par le confinement des lieux (*) où nous passons 85 % de notre vie.

Face à un tel fléau sanitaire, l'information des consommateurs est primordiale. Obtenu de haute lutte lors du Grenelle de l'Environnement, un étiquetage devait permettre aux consommateurs d'identifier les produits les moins polluants. Or, sous la pression des lobbies, l'échelle de notation en cours d'élaboration est devenue particulièrement laxiste.

Sur la base de ce constat sans appel, l'Union régionale UFC-Que Choisir d'Ile-de-France, qui a participé aux travaux préparatoires des différents plans régionaux (Plan Régional de la Qualité de l'Air (PRQA), Plan de Protection de l'Atmosphère (PPA)) et qui est membre d'AIRPARIF, demande aux législateurs, particulièrement à ceux ayant participé à cette enquête, d'agir en adoptant une grande Loi de lutte contre la pollution de l'air intérieur, imposant notamment :

- Des études toxicologiques pour déterminer la dangerosité de toutes les substances non étudiées à ce jour ;

- Une vérification par des laboratoires indépendants du niveau d'émanation pour tous les produits de consommation susceptibles de dégager des substances nocives ;

- L'interdiction de commercialiser les produits lorsque les émanations dépassent les seuils recommandés ;

- Un durcissement du barème d'étiquetage pour permettre aux consommateurs d'identifier les produits les moins polluants ;

- Une incitation financière aux particuliers pour l'installation de dispositifs d'aération efficaces dans les logements.


Enquête réalisée entre mars et mai 2010 dans les bureaux ou les domiciles de Madame Chantal JOUANNO et de parlementaires membres de l'Office Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques ou membres de commissions ou de groupes de travail en lien avec le thème de la pollution de l'air intérieur (voir liste en annexe). Des kits individuels ont été placés dans les différents lieux de vie, pendant cinq à sept jours consécutifs. Suite à cette période d'exposition, les kits ont été analysés par un laboratoire indépendant sur les teneurs en composés organiques volatils totaux, formaldéhyde, benzène, trichloroéthylène et tétrachloroéthylène.

(*) Selon l'Observatoire de la Qualité de l'Air Intérieur, l'air intérieur est insuffisamment renouvelé dans près de 80 % des logements français (enquête de juin 2008 dans 567 logements).

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